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Abderrahmane Rahoule, directeur de l’Ecole Supérieure des Beaux Arts de Casablanca

Pause'Art est un véritable espace de partage et de dialogue
La ville de Casablanca a   abrité récemment  la deuxième édition du  Festival Pause’Art  organisé par une initiative partagée de l’Association Pause’Art et l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Casablanca.


Cette manifestation créative  a pour objectif la contribution au  développement et à   la promotion de l’art en général à travers un programme artistique riche et varié initié en collaboration avec des partenaires privés et publics. Une occasion idoine pour apprécier les recherches  approfondie d’une panoplie de futurs artistes qui ont mis en exergue leurs connaissances acquises dans les domaines disciplinaires suivants : arts graphiques, arts plastiques, design d’objet et architecture d’intérieur.   Entretien  avec Abderrahmane Rahoule, directeur de cette école  de référence  au Maroc.


Dans quel cadre  s’inscrit ce festival d’ordre pédagogique initié par les étudiants ?


Fidèle à ses traditions culturelles, L’Ecole Supérieure des Beaux Arts de Casablanca n’a cessé d'initier  des événements   artistiques et  des projets d’innovation, en alimentant  et articulant  la réflexion  sur l’art par rapport à son  contexte urbain…  A ce titre,   je voudrais bien saluer les étudiants et les membres de l'Association " Pause'Art" d’avoir animé  cet espace  privilégié  d'échange et de partage, en contribuant à l'encouragement  de jeunes créateurs, toutes disciplines confondues, et à leur intégration dans la vie artistique.   
Véritable espace de partage et de dialogue,  ce Festival   se veut une porte ouverte pour faire connaître  la création au pluriel  des étudiants, dont le souci est d’améliorer davantage la qualité de la recherche plastique en bonne et due forme.
On  a opté également pour  des  cycles des conférences et des débats, tout en invitant des  artistes créateurs  et des théoriciens de l’art émérites. Nous  voulons faire de L’Ecole Supérieure des Beaux Arts de Casablanca  un laboratoire artistique capitalisant  sur les  travaux des lauréats  qui témoignent d’un grand degré  de recherche et de  créativité.
Ce festival favorise l’émergence de nouveaux talents parmi les étudiants.  L' association  Pause'Art  présidée par Chaimaa Bandosse  profite aussi de son statut pour contribuer à la vulgarisation de l’art à travers les événements publics et les actions sociales menés dans les écoles et orphelinats. Pour cette 2éme édition du festival Pause’ Art, les étudiant ont concocté un  programme très riche en activités  comportant  rencontres, expositions, ateliers(Peinture, Dessin, Sculpture, Recyclage, Design, Architecture d’intérieur, Caricature, Bande dessiné, Arts graphiques…) , concours( peinture et mode),musiques(Ambiance jazz, rock, reggae, latino, percussion),  cinéma, danse, défilé de mode, un grand hommage au regretté Monsieur Noureddine Kachti ex-professeur d’audiovisuel à l'Ecole Supérieure des Beaux Arts, journaliste et critique de cinéma, une conférence des lauréats de l’ESBAC sous le thème « Après les beaux-arts… » où ils ont parlé  de leur expérience professionnelle après leur cursus et l’obtention de leur diplôme à L'Ecole Supérieure des Beaux Arts.




Comment se présente  l’Ecole des Beaux-Arts de Casablanca  par rapport à son parcours  historique ?



Ancienne résidence du chef des Services Municipaux de la Ville dont l’architecte est Pierre Bousquet (1885-1954), cette école fut née en septembre 1950 à la veille de l’indépendance par un groupe de français désireux  de mettre en place un espace pédagogique pour les jeunes dotés d’une sensibilité artistique difficile à développer en l’absence d’un vrai encadrement. C’est ainsi que la  résidence  du premier  gouverneur de l’époque en 1956 fut cédée par ce dernier afin d’abriter les locaux de la nouvelle école dirigée de 1960 à 1962 par Maurice Arama. La maison est alors aménagée en ateliers d’art, et pendant douze ans, elle recevra de jeunes talents marocains et français qui suivant un programme enseigné par un corps français suivant le modèle académique. En 1962 au lendemain de l’indépendance Farid Belkahia rejoint le poste de direction de l’école. Après le passage d’un nombre potentiel de directeurs, l’école changera de nom pour devenir «Ecole Supérieure des Beaux-Arts. Grâce à la nouvelle politique menée par le nouveau  maire de la ville, les locaux de l’école disposent d’une salle d’exposition, d’une façade vitraux, d’une salle de bandes dessinées, d’une salle d’infographie et d’une salle de conférence.



Vous êtes à la fois professeur et directeur de cette école,  quelles sont les  grandes  lignes du  cursus de formation ?

L’étudiant choisit entre 3 départements (art plastique,  art graphique, architecture d’intérieur et design d’objet). Il sera jugé sur la présentation de ses travaux et sur sa motivation et champ d’intérêt.  Les trois  années conduisent à l’affirmation d’une personnalité artistique qui doit faire preuve d’une maîtrise pratique et théorique croissante au cours du cursus. La 4ème année est la finalisation du projet personnel. Il est à  souligner que l’Ecole prépare actuellement une convention de partenariat et de collaboration avec la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines  Ben M’Sik.  Par rapport à  l’état d’avancement de notre cursus d’études, j’aimerai bien signaler que  les professeurs de l’école  ne ménagent aucun  effort pour valoriser et étayer  le processus de la formation par compétence. Par ailleurs,  les diplômes octroyés à nos étudiants  jouissent d’une reconnaissance mondiale. C’est une grande fierté pour notre pays et nous sommes très heureux de voir les lauréats intégrer les entreprises et les grandes institutions professionnelles.



Un mot sur l’exposition  des œuvres des étudiants?


Les étudiants créateurs ont essayé  de se frayer un chemin loin des sentiers battus.  Leur originalité se manifeste avec un exercice quotidien de leurs champs de création  et à travers  des techniques d’application  qui mêlent  conception  et  mise en oeuvre.  Leur souci est de mettre en  avant leur potentiel en termes de recherches et de créativité. Ainsi, l’exposition de Pause Art   a permis   de mobiliser des ressources créatives d’une exceptionnelle qualité, du point de vue des  étudiants   comme de celui  des encadrants, qui  ont observé l’éclosion de futurs  professionnels de l’art contemporain avec la satisfaction de voir  leur création  exposée à la Salle  d'exposition de l'Ecole .



Comment interprétez-vous  tous les projets de formation menés  par l’Ecole ?


Le principal objectif de tous nos projets de mise à niveau réside  dans la perspective d’améliorer davantage  les conditions d’une belle réussite pédagogique et le désir de préparer les lauréats  aux défis et aux épreuves de la vie professionnelle à laquelle ils se destinent. Le but a été atteint avec brio grâce à l’apport de tous les acteurs concernés et les parties prenantes : il faut encourager  le désir de réussite et de maîtrise chez  les étudiants, l’envie de donner le meilleur d’eux mêmes et de se surpasser, tout en révélant des talents d’une grande richesse, ce qui contribue  certainement au développement humain durable.


Photography: Z. Algo




Propos recueillis par
Abdellah   Cheikh