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Exposition”Harmonia” pour l’environnement

Voix (Voie) du coeur de Leila Cherkaoui

Dans le cadre de ses activités artistiques et culturelles, l'Association  Arkane pour la promotion de l'art et la sauvegarde du patrimoine  a initié récemment  la cérémonie d’ouverture  d’une manifestation  créative dédiée à l’environnement au Forum de la Culture (ex. Cathédrale du Sacré Cœur).

Ce rendez vous artistique  organisé  en partenariat avec la ville de Casablanca  et l Association pour le Développement Durable, l’Ecologie et la Préservation de l’Environnement ( l’ADEPE) est  marqué par  les œuvres originales en matière d’installation et de performance  conçues par un parterre distingué d'artistes d’ici et d’ailleurs , en l'occurrence   Leila Charkaoui, Comezana Sousana Marie-France Lefèvre, Christian Saint-Jevin-Argence, Serge Serrano.

Ainsi, cette manifestation  baptisée “Harmonia” illustre si bien le grand attachement  des artistes à leur environnement, l’essence de leur existence effective.

Après avoir  initié une exposition en hommage à  son espace d’origine “ Bejaad” dont les racines mystiques remontent  au  saint Sidi Bouabid  Cherki  qui a fondé la Zaouîa Cherkaouiya au XVème  siècle,  Leila Cherkaoui a  monté avec une grande sensibilité et adresse  une installation  rendant hommage  à  un éminent soufi qui a consacré tout son temps à se rapprocher du Dieu et à la diffusion des préceptes de la religion et de la culture spirituelle.  Il s’agit d’auteur de “Adakhira “ (L'approvisionnement): un livre volumineux  vantant les valeurs noble de la vérité mystique. Cette installation inédite

Qui s’inscrit dans l’art total (poésie, musique, peinture, sculpture, scénographie…) est une occasion pour rendre hommage à ce livre illuminé en enluminé. Ainsi,  l’œuvre totale  est une occasion exceptionnelle pour les visiteurs de découvrir des moments de retrouvailles  et de reconnaître les traditions et la culture soufie. 
Sur cette œuvre artistique, Leila Cherkaoui  nous a confié : “Une émotion varie d'une personne à une autre, mais en chaque être humain existe une âme, un corps animé par une énergie, une curiosité et une volonté. La foi, le questionnement sur l'existence ou un vécu personnel, nous poussent à nous intéresser de près à tout ce qui va nous ressourcer et nous permettre de suivre les traces laissées par nos ancêtres.

On finit par être rattrapé par une force innée invisible. La puissance spirituelle nourrit l'esprit et illumine nos pensées. Elle nous permet de chercher au fond de notre être une lueur, un rayon qui nous réconcilie avec l'essentiel. Elle nous pousse à nous poser des  questions sur notre présence sur terre pour essayer de trouver une  lumière, cette lumière qui nous  guide vers le chemin de la paix intérieure... La force mystique éclaire et permet à toute personne de se détacher de l'avoir pour l'être. L'harmonie relationnelle  devient le point fort de toute chose.

Retrouver les vraies valeurs, malheureusement oubliées de nos jours,  l'amour,  le partage, la sensibilité…Méditer et purifier son âme en respectant la nature, les êtres et les choses…Remplir son cœur de bonté et de générosité, s'éloigner de la rivalité et de la rage de la réussite matérielle, se rapprocher des sentiments nobles et de l'art, suivre la voie du cœur et de l'amitié, chercher le bonheur simple, remonter la source pour vivre sereinement avec l'autre, étancher la soif la plus profonde, celle de l'esprit…

Il y a des signes et des indices qui font briller l'étincelle du cœur qui illumine notre passage éphémère sur cette terre. Suivre son chemin délicatement, sans haine ni amertume, laisser l'amour et le pardon derrière nos pas.”. Et d’ajouter:”  Bien des blessures et des souffrances viennent de loin. Nos émotions et nos douleurs nous submergent. Plutôt que de vivre dans l'envie et dans la vengeance, aller dans la quête de l'intériorité spirituelle, dans la beauté des sentiments et l'élévation de l'esprit. Retranscrire par l'art un ressenti, une recherche permanente de traces de lumière, de mémoire, toucher l'atmosphère des lieux  dotés  d’une âme, se nourrir du mystère du silence, le sentir et s'imbiber de son aura. C'est un retour aux sources pour remonter le temps et revisiter le sacré. Préserver et conserver tout ce qui concerne les richesses du patrimoine laissées par nos aïeux est un engagement pour l'avenir, pour la vie, une générosité qui doit être transmise.... Respecter la sensibilité des êtres et des choses, c'est laisser en paix la nature. Planter dans le jardin de son cœur une graine généreuse, remplie d'une émotion sensible et attentive à  tout ce qui l'entoure, pour qu'elle puisse transmettre a son tour des graines d’amour  et de respect aux graines futures qui continueront à respirer.”

 

Leila Cherkaoui expose au Centre d'expositions de Beyrouth

L’artiste plasticienne Leila Cherkaoui (vit et travaille à Casablanca)  figure parmi  les artistes peintres  d’ici et d’ailleurs qui ont été sélectionnés  dans le cadre du projet citoyen et créatif «  Syri-Arts exhibition and charity auction »  dont 101 œuvres d'art sont exposées au Centre d'expositions de Beyrouth, et ce au profit des enfants réfugiés syriens au Liban, premières victimes de la guerre en Syrie.

Organisée par Dr. Kathy Battista, directeur de l’Institut  d'Art Contemporain de  NY Sotheby, cette    exposition  a été marquée par une vente aux enchères  en bonne et due forme, en faisant connaitre des œuvres représentatives d’un parterre distingué  d’artistes de plusieurs horizons tels que Farid Belkahia, Mahi Binebine, Najia Mehadji, Safaa Erruas, Mounir Fatmi, Dia Batal, Said Baalbaki, André Chami, Chaouki, Chamoun, Hammoud Chantout, Amine El Bacha, Rim El Jundi, Walid El Masri, Marwan Kassab, Ali Ferzat, et bien d’autres encore.

Native de Casablanca, Leila Cherkaoui  compte à son actif de multiples expositions collectives et individuelles au Maroc et à l’étranger ponctuant une démarche et un parcours d'une grande richesse.  Son cheminement artistique singulier ne la met dans le sillage de personne sinon de son propre monde intérieur et de son existence. Elle occupe en cela une place originale dans la constellation des arts plastiques au Maroc.
Sur son acte pictural, Maurice Arama (historien d’art, Paris), a écrit : « C’est le travail d’une artiste, âme libre, qui ne s’arc-boute pas sur des principes. Elle sait comment le vrai enlace les fidélités picturales, conduit la forme vers l'harmonie tonale, ouvre aux masses l'équilibre des dialogues intimes, porte vers son élan unitaire la composition que la maîtrise gestuelle de l’artiste écarte des étiquettes de la mode. ». Et d’ajouter : « La peinture n'est que peinture et rien de plus. Rien de moins, non plus » disait  Manet ; à quoi Alechinsky, un demi siècle plus tard, avait ajouté : la peinture « une manière de voir le monde qui peut se lire en tous sens ». Entre deux esprits éminents de l’art de notre siècle, Leila Cherkaoui,  par-dessus les crevasses, les failles, les lézardes, les  craquelures, les creux et les bosses lance depuis une décennie déjà, ses ponts fraternels. ».

De son coté,  Kenza Alaoui, journaliste, a confié sur son parcours artistique : « Leïla Cherkaoui s'est initiée à l'art dès son jeune âge. Une passion qui fera d'elle l'une des valeurs sûres de l'art plastique marocain. Artiste autodidacte, elle consacre son œuvre à la recherche d'une esthétique qui lui soit propre et sort des sentiers battus. Mais avant, il fallait qu'elle s'essaie à quelques courants. S'inscrivant entre l'expressionnisme et l'abstraction, l'approche plastique de Leïla Cherkaoui vise à explorer la vie des formes et la profondeur des couleurs en intégrant des figures architecturales.
Forte d'une sensibilité artistique au-delà de tout soupçon, elle aiguise son talent par un travail profond sur la lumière. Une quête qui se transforme en véritable obsession. Au fil du temps, elle enchaîne les manifestations artistiques et multiplie les expositions dans les différentes villes du royaume. Loin d'être un simple acte créatif, la peinture est pour Leila Cherkaoui, un moyen privilégié d'expression. La voix par laquelle elle dit l'indicible. ».

Par Ahmed Tarek (critique d’art)

 

Droit à la mémoire


A titre de consécration, l’artiste marocaine Leila Cherkaoui a été sélectionnée récemment  parmi les artistes contemporains participants   à la cinquième édition  de la Biennale d’Art de

A titre de consécration, l’artiste marocaine Leila Cherkaoui a été sélectionnée récemment  parmi les artistes contemporains participants   à la cinquième édition  de la Biennale d’Art de Saint-Germain en-Laye au Manège royal,  et  ce aux cotés  de  89 artistes saint-germanois, yvelinois et de toute la France y compris  des lauréats des  éditions précédentes . Cette année, cette biennale a accueilli deux artistes russes, membres de l’Académie des Beaux-arts de Russie, proposés par le président d’honneur du jury Amri Aminov, lui-même nouvel académicien et d’origine franco-tadjik. Il  a pris une nouvelle fois une dimension internationale, en accueillant également les œuvres de deux artistes de Winchester, ville américaine, jumelée avec Saint-Germain-en-Laye. Cette   cinquième biennale  d’art  a rendu  également hommage au grand artiste Saint-Germanois Ladislas Kijno, décédé en novembre 2012. Rendez-vous incontournable et attendu, dite biennale   a été marquée cette année par l’exposition exclusive des œuvres d’art de l’artiste marocaine Leila Cherkaoui (peinture, sculpture et installation).  Elle a permis aux visiteurs de découvrir ses œuvres expressionnistes qui vacillent entre la nouvelle figuration et l’abstraction : œuvres dédiées à la mémoire du lieu qui permet à notre existence, à la fois matérielle et  symbolique, de se forger une identité propre.

 

A des titres variés, chaque lieu est doté d’une mémoire tatouée qui se présente comme totalité symbolique vivante marquant le destin d’un être et d’un territoire.  Dans ses œuvres qui manipulent la peinture, la sculpture et l’installation, l’artiste essaie à sa manière de remettre  en question le caractère plastique de cette mémoire, en mettant en relief son imaginaire collectif et ses traces signifiantes. Ainsi, ses œuvres fascinées par la lumière et les couleurs deviennent un acte de réminiscence et  un pacte de reconnaissance à l’égard de nos temps perdus. Cette mémoire visuelle collective  invite, donc, à explorer le sillon de notre intériorité et de notre sensibilité pour conférer à nos ressources expressives forme et contenu.

A travers un parcours d’une grande richesse ponctué d’expositions individuelles et collectives au Maroc et à l’étranger, loin des fioritures et des apparences, Leila Cherkaoui s’impose en tant qu’artiste plasticienne majeure dont l’œuvre est appelée à durer dans le lieu et dans le temps.
L’artiste  selon  le regard de Maurice Arama, historien d’art de renom,  « sait  dans sa poétique des ruines comment  le vrai enlace les fidélités picturales, conduit la forme vers l'harmonie tonale, ouvre aux masses l'équilibre des dialogues intimes, porte vers son élan unitaire la composition que la maîtrise gestuelle de l’artiste écarte des étiquettes de la mode ». Cette peinture, ajoute Maurice Arama,  est encore « une prise de conscience qu’agencent la force du travail et l’authenticité de l’inspiration ». Il poursuit, lui-même inspiré par le travail puissant de l’artiste : « Des forces s’unissent à des particules de lumière et irradient chaque œuvre de manière contrôlée. Ici, les espaces s’enlacent au temps. Les gestes venus de la grammaire visuelle de l’artiste, les tours, voûtes, fortins, murs et éminences prétentieuses que l’histoire universelle arase, retrouvent la berge du fleuve le long duquel l'homme  est invité à sonder sa capacité de toujours détruire l’œuvre de ses mains. Sans être une narration abstraite, cette peinture retient les flux tendus dans lesquels nous semblons englués ».
Hassan Nour


من منظور المؤرخ و الناقد الجمالي موريس أراما
ليلى الشرقاوي أو "شعرية خرائب" الفجر الأول


تنظم مؤسسة مجموعة القرض الفلاحي  بالمغرب للفنون و التراث القروي معرضا فرديا للفنانة التشكيلية ليلى الشرقاوي (تصوير صباغي ، منحوتات ، تنصيبات ، ألواح بارزة) ، و ذلك إلى غاية 20 أكتوبر الجاري برواق أبو عنان بالرباط. حول تجربتها التشكيلية ، كتب المؤرخ و الناقد موريس أراما (مقيم بباريس) نصا جماليا باللغة الفرنسية في ما يلي ترجمته باللغة العربية:
" ليلى الشرقاوي تترصد، و تلاحظ، و تمنحنا رؤية العالم الذي تكتشفه. فهي تحلم بالأشكال و تؤول الدرجات اللونية. هذا العالم، عالمنا الممزق و السديمي، محمول بفن يقظ و أصيل يجمع بين الصدمات الجمالية و التأمل التشكيلي.   
إنه عمل فنانة، روح حرة، لا تستند إلى مبادئ. فهي تعرف كيف يحبك الحقيقي الإخلاصات التصويرية، و يقود الشكل نحو الانسجام النغمي، و يفتح للكتلات توازن الحوارات الحميمية، و يحمل نحو مداه الموحد التركيبة التي تنزاح عن لصيقات الموضة.
تزعزع كل لوحة الصورة في شكل بحث عن الحركة القديمة أو الدائمة، و كل معركة تقارب الذروات، و كل التزام يدغدغ نقط القطيعة، و كل ملحمة توارب، و تراوح، و ترجح، و تطفو قبل دخولها في العراك و النشوة الحميمية للرغبة. 
الأجدر أن نتحدث عن الحب أمام أعمال ليلى الشرقاوي. فالفنانة تضع، بين الألم و الغضب و بين الأسى و الرفض، رسائل غارقة في النضج، و شظايا نور تتخلى عنها كأن بها حظوات رطبة، و بياضات مشرقة تبيد أسرارها، و متع هاربة، و أنفاس نجومية، و اعترافات مفصوح عنها على طرف الريشة، و تجليات، حيث تقابل العين اليقظة مداعبة بصمة و هجر  أصبع.
يعيد هذا الإبداع التصويري إنتاج الحياة. في هذا الغليان، يتواصل إبداع جديد. الفاجعة التي يتشرب منها واقعنا اليومي كلية الحضور، و الحقد مقيد بالنسيان، و الدم بالجريمة، و كثير من النوائب المعروضة تبعث اليأس حد الدموع.إذن، أمام هذه الآلام الجماعية، تبسط ليلى الشرقاوي لوحاتها كعدد من المرايا التي تحيلنا على آلامنا و عدم اكتمال رغباتنا. لوحات عبارة عن صنادبق رنانة من أجل صرخة امرأة، و أم، و سائر الأمهات.
إن هذا التصوير الصباغي، أيضا، عملية وعي تنظمها قوة العمل و أصالة الإلهام. تتوحد القوى مع ذرات النور، و توهج كل عمل بصيغة مراقبة. هنا، تتشابك الفضاءات مع الزمن، تأتي الحركات من النحو البصري للفنانة، الأبراج، و القبب، و القلاع الصغيرة، و الجدارات، و الروابي المتباهية التي مسحها التاريخ الكوني تلقى من جديد ضفة النهر، حيث الإنسان مدعو على مداه لاستطلاع قدرته على التدمير الدائم لصنيع يديه. بدون أن يكون سردا تجريديا، يحتفظ هذا التصوير الصباغي بالتدفقات الممدودة التي نبدو فيها لزجين.
"التصوير الصباغي ليس إلا تصويرا صباغيا لا غير. لا أقل و لا أكثر"  قال مانيه. و أضاف ألشينسكي، نصف قرن بعد ذلك :" التصوير الصباغي طريقة لرؤية العالم التي يمكن قراءتها في كل المعاني". بين هذين الفكرين اللامعين لفن قرننا، تضع ليلى الشرقاوي منذ ألفية خلت جسورها الأخوية من أعلى الشقوق، و الانكسارات، و الصدوع، و التشققات، و التجاويف، و الحدبات.
على التو، و بالملموس، و عادة، ينفتح فنها نحو العابر و ينخر ما يفوق الوصف. سطوحها مبقعة، و مخدشة، حيث تلج مستحلبات التصوير الضوئي، و يتم استدعاء مواد تركيبية. لغتها فريدة من نوعها، و خطابها يفرض الجلبة، و يمنح وقفات غير منتظرة، و لحظات صمت مهدئة، و مساحات للتأمل، و فجوات من اللون الرمادي، و مغرات، و ألوان سمراء، و ألوان زرقاء عميقة، و ألوان يفرضها الواقع اليومي على جدارات مدننا، و أرصفتنا، و أبوابنا.
لكن "شعرية الخرائب" تتعرف على الفجر الأول. تتهرب من المواضيع المتداولة، و تعكس الاتجاه أمام العراء، و الوجه، و الشيء، و المنظر. تفكر ليلى الشرقاوي في تركيباتها اللونية، و ترسم محيط الأقوال المستعادة، و تلعب بالتواءات الأشكال، و مخالطتها للمادة. كل العجائن العليا التي تشغلها بحب و تدعكها كلحم حي تلتحق بالأراضي الفريدة المنفتحة على التأمل".

ترجمة : د .عبد الله الشيخ


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