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Abderrahmane Rahoule, directeur de l’Ecole Supérieure des Beaux Arts de Casablanca

L'enseignement  se déroule conformément au statut de l’école


L’Ecole Supérieure des Beaux Arts de Casablanca vit actuellement au rythme  des activités culturelles et artistiques qui tablent sur la pluralité et la diversité.

Le souci est d’améliorer davantage la qualité de la recherche plastique en bonne et due forme.Entretien  avec Abderrahmane Rahoule, directeur de cette école  de référence  au Maroc.

Comment se présente  l’Ecole des Beaux-Arts de Casablanca au niveau institutionnel?

Ancienne résidence du chef des Services Municipaux de la Ville dont l’architecte est Pierre Bousquet (1885-1954) , fut née en septembre 1950 à la veille de l’indépendance par un groupe de français désireux  de mettre en place un espace pédagogique pour les jeunes dotés d’une sensibilité artistique difficile à développer en l’absence d’un vrai encadrement. C’est ainsi que la  résidence  du premier  gouverneur de l’époque en 1956 fut cédée par ce dernier afin d’abriter les locaux de la nouvelle école dirigée de 1960 à 1962 par Maurice Arama. La maison est alors aménagée en ateliers d’art, et pendant douze ans, elle a  reçu  de jeunes talents marocains et français qui ont suivi  un programme enseigné par un corps français selon  le modèle académique. En 1962,  au lendemain de l’indépendance,  Farid Belkahia rejoint le poste de direction de l’école. Après le passage d’un nombre potentiel de directeurs, l’école a changeé de nom pour devenir «Ecole Supérieure des Beaux-Arts », et ce à la lumière d’un nouveau statut validé à l’unanimité  lors des travaux de la cession ordinaire du conseil communal le 21 février 1999 dont le premier article stipule que l’école est reconnu et non  son  diplôme.

Quelle est la ligne générale de la formation artistique ?

Il est à noter que le étudiants de notre école lisent et approuvent le règlement intérieur avant le début de leur scolarité. Ce règlement  a pour objet d’assurer les conditions  les plus propices aux activités pédagogiques, au développement de la personnalité des étudiants et au bon fonctionnement de l’Ecole, tout en sachant que  son article 3  stipule que le diplôme délivré  à la fin du cycle d’études  n’est pas reconnu. Pour clarifier davantage  les choses, on a  intégré cette clause  dans la fiche d’inscription  qui informe  sur les conditions d’admission, le contenu du concours d’entrée,  l’étape de présélection,  l’étape de sélection définitive,  la durée et régime des études,  le diplôme et pièces à fournir pour le dossier de candidature.

L'enseignement  se déroule conformément au statut de l’école qui relève de la Commune Urbaine de Casablanca. On n’a jamais donné  des promesses de faire de notre diplôme l'équivalent d'un diplôme étatique. Pour  activer la  question d’équivalence,  on a envoyé une lettre au Ministère de la Fonction Publique, département « équivalence », qui dispose actuellement d’un dossier complet  sur le programme de l’école dans ses modules théoriques et pratiques.

Dans quel cadre  s’inscrit le rôle de   l’école dans le développement culturel  de la ville ?

Fidèle à ses traditions culturelles, L’Ecole Supérieure des Beaux Arts de Casablanca n’a cessé d’activer  sa  participation  à des événements   artistiques et à des projets d’innovation, en alimentant  et articulant  la réflexion  sur l’art par rapport à son  contexte urbain…  A ce titre,   je voudrais bien saluer Mohammed Sajid, le maire de Casablanca,  d’avoir  accordé une primauté à notre école,  en initiant plusieurs travaux  de réaménagement au niveau de la plate forme pour doter  notre institution de nouveaux départements et ateliers.

Les  étudiants ont  participé  activement  à plusieurs événements culturels  pour faire connaître  leurs  œuvres artistiques dont le souci est d’améliorer davantage la qualité de la recherche plastique en bonne et due forme.

Nous  voulons faire de notre école un laboratoire artistique dont les travaux des lauréats témoignent d’un grand degré  de recherche et de  créativité.  Un cadre propice   pour apprécier les recherches  approfondies d’une panoplie de futurs artistes qui ont mis en exergue leurs connaissances acquises dans les domaines disciplinaires suivants : arts graphiques, arts plastiques, design d’objet, et architecture d’intérieur.

Vous êtes à la fois professeur et directeur de cette école,  quelles sont les  grandes  lignes du  cursus de formation ?

L’étudiant choisit entre 3 départements (art plastique,  art graphique, architecture d’intérieur et design d’objet). Il sera jugé sur la présentation de ses travaux et sur sa motivation et champ d’intérêt.  Les trois  années conduisent à l’affirmation d’une personnalité artistique qui doit faire preuve d’une maîtrise pratique et théorique croissante au cours du cursus. La 4ème année est la finalisation du projet personnel.

Par rapport à  l’état d’avancement de notre cursus d’études, j’aimerai bien signaler que  les professeurs de l’école  déploient    des efforts considérables  pour valoriser le processus de la formation ainsi que les diplômes octroyés à nos étudiants  jouissent d’une reconnaissance mondiale. C’est une grande fierté pour notre pays et nous sommes très heureux de voir les lauréats intégrer les entreprises et les grandes institutions professionnelles.

Comment interprétez-vous  tous les projets de formation menés  par l’Ecole ?

Le principal objectif de tous nos projets réside  dans la perspective d’améliorer davantage  les conditions d’une belle réussite pédagogique et le désir de préparer les lauréats  aux défis et aux épreuves de la vie professionnelle à laquelle ils se destinent. Le but a été atteint avec brio grâce à l’apport de tous les acteurs concernés et les parties prenantes. Il faut encourager  le désir de réussite et de maîtrise chez  les étudiants, l’envie de donner le meilleur d’eux mêmes et de se surpasser, tout en révélant des talents d’une grande richesse, ce qui contribue au développement humain durable. Dans ce contexte, les passionnés d’art  sont invités à   visiter l’exposition initiée  par l’Association des designers du Maroc en partenariat avec notre école  du 28 mai au 12 juin 2014 à la galerie de l’Ecole, et ce pour apprécier les travaux des designers professionnels qui ont bien voulu parrainer  les  jeunes designers, lauréats de notre écoles.

Propos recueillis par Hassan Nour ( critique d’art)