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Abdellah Cheikh dévoile son ouvrage «Les Voix du silence»

De «Ces artistes qui ne nous ont pas quittés» à «Le magique et le fantastique», en passant «Le renouveau au pluriel» et «Des sensibilités nouvelles», l’ouvrage «Aswat Assamt», littéralement «Les voix du silence» du critique d’art Abdellah Cheikh, propose une réflexion sur l’œuvre d’une centaine d’artistes de différentes générations et écoles de peinture.

Toutes les facettes et tous les paradoxes de l’expression picturale de ces artistes sont abordés. Chacun des chapitres de cet opus nous fera traverser tous les états d’âme. D’où le choix du titre «Les voix du silence». Car malgré la complexité et la profondeur de la production picturale de chacun des artistes cités dans l’ouvrage, l’ouvrage tente d’expliquer les secrets, les tenants et les aboutissants de chaque œuvre avec un style simple mais pas simpliste. Ces expressions, nous sommes capables de les intégrer, de les penser. En retour, ils nous transforment.

Avec des mots justes et un style incisif, Abdellah Cheikh a réussi à faire le tour de la question de l’univers artistique. Le tout avec une lecture profonde de la vie, la réalité, l’imaginaire, le destin, le rêve, la désillusion et la métamorphose de l’art dans une dimension hautement spirituelle et résolument philosophique. «Loin d’être un “parachuté”, j’essaie de tisser les liens avec les plasticiens, toutes générations et provenances confondues. Je ne suis pas né dans une marmite monophonique.

Ainsi, le livre “Les Voix du silence” (tome 1) que j’ai assuré s’inscrit dans cette ligne déontologique. Ses thèmes sont actuels et ils concernent la scène d’aujourd'hui et plus particulièrement les artistes de l’ombre qui considèrent les valeurs culturelles comme plateforme incontournable pour vivre ensemble. J’ai essayé de mener à bien les actes de ce live-forum dans la mesure du possible, user de mon réseau relationnel d’ici et d'ailleurs pour assurer la consistance de son contenu. J’estime également que la possibilité de faire entendre les points de vue des artistes sur la vision du monde est une extraordinaire opportunité», explique Abdellah Cheikh.

Poussé par sa passion pour l’écriture, l’auteur tente ardemment de déchiffrer la diversité des univers picturaux de chacun des plasticiens repris dans cet ouvrage dans leurs multiples expressions artistiques. «La force de cet ouvrage réside dans le fait qu’il comporte plusieurs lectures et diverses interprétations et visions. Très instructif, l’opus offre entre ses lignes au lecteur la possibilité de mieux comprendre l’univers artistique de chacun de ces plasticiens. Il laisse songeur», soutient l’écrivain, journaliste et critique d’art, Hassan Nraïss. L’auteur, à travers cet ouvrage, mène une quête à la fois bouleversante et captivante avec une passion bon enfant, tant les récits s'entremêlent et le sens reste celui qu'on veut bien y mettre. Mais, on s'y perd volontiers, car il nous offre un monde où la poésie transcende le réalisme. Un plaisir que l’on goûte par tous les sens. «Je n’aurai de cesse de rappeler ce que représente la création plastique dans notre existence effective. Mon engagement d’ordre “médiologique” est la suite naturelle d’un militantisme culturel qui me colle à la peau depuis mon adhésion précoce aux cercles “des activistes culturels” à Essaouira», conclut l’auteur.

Parcours d’un médiateur culturel

Médiologue atypique, critique d’art, professeur de l’histoire de l’art, fonceur invétéré dans l’ingénierie culturelle, spiritualiste dans l‘acte et dans l’âme, Dr. Abdellah Cheikh (né en 1969 à Essaouira) a écrit avec passion et profondeur plusieurs textes analytiques sur des acteurs artistiques d’ici et d’ailleurs, tous styles et générations confondus. Fort de ses expériences interculturelles, Dr. Abdellah Cheikh a présenté avec brio en 2012 sa thèse de doctorat à la Faculté des lettres et des sciences humaines Ben M’sik sur le thème : «Les stratégies de la communication et de la publicité à l’ère de l’image : approche médiologique». Il a dans son actif plusieurs diplômes de mérite en l’occurrence : Diplôme des Études supérieures spécialisées en communication et publicité sur «L’ingénierie culturelle et la communication institutionnelle» (2007), licence appliquée en Animation culturelle dont le mémoire a été focalisé sur «Le management culturel du territoire» (1995), licence en littérature arabe autour du thème : «L’expérience mystico poétique chez le poète Adonis» (1992).

Ayoub Akil( le Matin)

 

Un livre monographique  sur Kenza El Mokdasni

La galerie «  Œil du cœur » à Sidi Rahal a abrité récemment  une exposition  rétrospective  des œuvres oniristes  de l’artiste peintre  autodidacte Kenza El Mokdasni  (vit et travaille entre le Maroc et la Hollande). Cette manifestation créative a été  marquée par la présentation et la signature du livre écrit en langue arabe par  notre collaborateur Dr. Abdellah cheikh (critique d’art et esthète)  intitulé « Kenza El Mokdasni : œil du cœur (méditations esthétiques) », en présence de plusieurs artistes et médiateurs culturels.

L’écrivain   a sillonné l'univers de l’écriture  plastique avec audace et passion, en  évoquant plusieurs concepts et thèmes, à savoir la peinture, l’enfance, les rêves, la création spontanée, l’expressionnisme brut, entres autres. Paru  en  cette année courante, l’ouvrage, décliné en 175 pages en format moyen avec un supplément iconographique, retrace le parcours de l’artiste Kenza El Mokdasni, ses questions de l’être, son existentialisme et son essence, et ce à partir  un langage narratif  et   interprétatif qui vacille entre la réalité et l’imaginaire.

Dans  la Préface du  livre écrit par Dr. Abdellah Cheikh, Daniel Couturier, écrivain et académicien, a écrit : «  J’aime beaucoup cette phrase d’Abdellarif Lâabi né à Fez en 1942 et poète considérable. « Quand l’œuvre est là, on est saisi d’étonnement, incapable de décerner dans cet étrange fruit des entrailles la part du désir initial du vécu et de l’imaginaire, de la raison et de la folie. ». Un étonnement que tout critique d’art se doit de posséder et chérir, source de ses découvertes. On peut ainsi faire confiance au Dr. Abdellah Cheikh critique d’art reconnu et apprécié depuis de longues années tant des artistes que des collectionneurs, diplômé docteur d’Université et professeur à l’Ecole des Beaux arts de Casablanca, lorsqu’il s’attache et présente un artiste qu’il distingue dans le concert  pictural ambiant attiré par une vibration plus intense de ses couleurs et du rayonnement de sa personnalité. C’est ainsi qu’il nous donne, dans ce livre, la joie de découvrir l’œuvre du peintre Kenza El Moukdasni dont les premières toiles ne datent que de 2009 mais surent immédiatement attirer l’œil des plus fins connaisseurs. Mon rôle n’est pas d’analyser ici cette œuvre déjà déterminante et complexe ni même de rédiger une biographie de l’artiste, c’est l’objet même de ce livre, mais bien de saisir le lien qui  spontanément s’est manifesté entre l’auteur et son modèle. Kenza El Moukdasni vit depuis des années au Pays-Bas et se plait à évoquer son Maroc d’enfance dont sa mémoire conserve les images qu’elle feuillette comme un livre précieux. Autodidacte, même si elle dessine depuis son enfance, elle laisse aller sa main pour le graphisme, son œil pour l’assemblage des couleurs et ses souvenirs intimes passés au filtre de son intelligence pour l’expression du sujet, autant de facteurs qui placent son œuvre dans le domaine des arts intuitifs. N’a-t-elle pas trouvé sa place dans les expositions « d’Art singulier » voir «  Hors Normes ? ».

Photo : Algo

« Talentueuse, sincère, hypersensible à la beauté, aux images de la vie quotidienne, ses anecdotes et ses scènes narratives » comme l’écrit Hassan Nour, son expérience de femme et de marocaine confrontée à une civilisation nordique l’entrainent dans le monde du rêve dont elle va retenir certaines images fortes qui peuvent être tour à tour enfantines, douloureuses ou intensément joyeuses. Mais s’il y a rêve, il s’agit bien d’un rêve éveillé, distingué par l’écrivain Robert Desolle qui voyait là une possibilité d’allègement par la suggestion d’images heureuses de l’être alourdi par le prosaïque quotidien. Il s’agit pour l’artiste de s’engager dans une ascension imaginaire, une ascension qu’il se doit d’illustrer par des images ordonnées suivant la psychologie du moment offrant à l’artiste des images concrètes qui accélérant le psychisme montant n’a de valeur que si l’artiste se sent entrainé dans l’acte de peindre toujours plus haut, lui apportant une grande confiance en elle-même. Mais les idées et les faits, les images fugaces ne sont que les matériaux de l’art, et l’art du peintre consiste dans le choix de ce qu’il représente et surtout dans ce qu’il évite de peindre, dans le choix des perspectives qu’inconsciemment, peut être, le peintre s’est fixé.  ». Et d’ajouter : « L’art ne consiste pas à décrire didactiquement des choses ou à faire passer quelque message mais à créer un langage unique et ponctuel qui, d’une manière infaillible, place de spectateur dans un certain état poétique. C’est cet état poétique qui en harmonique que avec la grande culture de Dr.Abdellah Cheikh à su les réunir. Reste l’habilité avec laquelle le peintre va s’exprimer, il est plus habilité que moi à en rendre compte au lecteur, un peintre autodidacte réserve toujours quelques surprises, irrésistibles impulsions, qui s’expriment dans un primitivisme artificiel que l’artiste a consenti avec le temps à perfectionner en choisissant les moyens le plus propres a reconstituer exactement ses sensations. Mais parfois on sent que Kenza  El Moukdasni se trouve confronté à un éclairage fantastique qui peut être révèle de façon fugace son moi véritable, alors que ces images fantastiques ne signifient pas toujours ce que l’on en pense et son intelligence est vite confronté a une sensibilité de psychologie d’intimité. Son maintient strict, le foulard serré entourant son visage, son habit traditionnel et ses larges lunettes claires ne sont pas des éléments incitants à la confidence mais c’est toujours une joie d’aborder l’œuvre d’une femme peintre qui reste pourtant un entier mystère même si parfois on devine dans ses toiles un pan libéré de sa personnalité. Il est grand, il est bon de voir la femme marocaine s’exprimer par le graphisme et la couleur qui offrent l’avantage de transposer avec pudeur ses pulsions de liberté et de reconnaissance.

Que ce livre dans lequel l’illustration complète pour sa compréhension si bien le texte de Dr.Abdellah Cheikh vous attache à la destinée artistique d’un peintre dont l’avenir radieux s’ouvre devant elle si bien accompagné. ».