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Moussem culturel d’Assilah

Fresque de l’artiste peintre Hamid Alaoui


Dans le cadre  du Moussem culturel international de la  cité atlantique  Assilah baptisée «  ville des Arts », les murs ont  bien  accueillis   récemment des nouvelles fresques murales,

dont  le déroulement  créatif   a été assuré en bonne et due forme devant un grand public. Une tradition  socioculturelle qui  permit de côtoyer des artistes-peintres, venus des quatre coins du monde  pour réaliser leurs peintures murales en public surtout que  la ville connaît, grâce à ce genre d’activité, une affluence de visiteurs nationaux et étrangers.  Ainsi les quartiers  se transforment, au cours de la réalisation, en des ateliers, qui ont vu se relayer, depuis presque une quarantaine d’années, un nombre important de peintres, parmi lesquels de célèbres artistes plasticiens tels que l’Américano-japonaise Mizue Sawano, le Mexicain Gustavo Monroy, le Japonais Akemi Noguchi, l’Espagnol Manolo Belzunce ainsi que les Marocains Farid Belkahia,   Chaibia Tallal ,  Hossein Tallal , Abderrahmane Rahoule,  Abdelkrim Ghattas  , Malika Agueznay. Ce qui témoigne de l’aspect culturel et artistique de la cité blanche, faisant d’elle la ville des arts par excellence. À l’instar des précédentes éditions, le Moussem d’Asilah  dans sa nouvelle édition a  fait cette année la part belle aux artistes marocains de talent représentant la nouvelle sensibilité.  Chaque artiste-peintre  cherche la différence  par son style ainsi que  par sa manière d’expression ou d’utilisation des couleurs.  Il tient le bon bout pour faire découvrir au public les richesses immatérielle de notre espace à la fois habité et vécu. Un riche programme artistique et culturel a été au centre de cet événement qui a a été rehaussé par la présence effective de nombreux hommes politiques, intellectuels et artistes venus d'Afrique, d'Europe et du Moyen-Orient …

A  cette occasion,  Mohamed Benaissa, secrétaire général de la Fondation du Forum culturel d'Assilah et ex ministre des affaires étrangères, a salué vivement  les efforts que mène le roi Mohammed VI pour moderniser et développer le royaume. «  Le souverain a bâti une société démocratique où règnent la justice, le droit, a déclaré M. Benaissa remerciant au passage le roi pour l'encouragement qu'il a accordé à ce festival depuis qu'il était prince héritier. Ont participé également  aux actes de cette édition  plusieurs acteurs et intervenants dans  le secteur culturel d’ici et d’ailleurs : «  l’espace de cette ville blanche  se convertit en une galerie à ciel ouvert. J’ai eu le grand plaisir  de contribuer  à  ce dynamisme  citoyen et combien artistique. C’est  un grand chantier lancé volontiers par les  organisateurs   qui  ont  pris cette initiative pour donner à la médina  un aspect  culturel  et artistique via les fresques,  les ateliers de gravure et de peinture, les conférences et les débats. Ma   fresque  baptisée «  Taoam Aroh» (âmes-jumelles)  se distingue par sa grande  dimension ( 8m largeur x 110 m  hauteur) . Elle porte sur la coexistence  interculturelle dont le corps humain connote l’interaction et la jonction entre les civilisations  à travers ses liens matériels et immatériels. La maison   peinte immortalise les traces  de notre existence humaine. La fenêtre    symbolise   la culture de l’ouverture sur  les cinq continents de notre planète. Certes, cette œuvre est une continuité de mes recherches plastiques  axées sur la matière, la couleur, la profondeur  et les valeurs de la passion au sens spirituel du terme. » selon Hamid Alaoui , artiste peintre  participant.

 


Source inestimable d’inspiration, la vieille ville d’Assilah demeure   la matrice  de cette peinture en plein air vu ses repères  identitaires historiques et sa belle vue donnant sur les petites plages rocheuses. La hardiesse de  la  démarche  plastique de  Hamid Alaoui ( natif de Tétouan en 1968) fait de lui  un ingénieur de l’âme  dont l’éclair  de  l’inspiration  est considérable. Hymne  au bon goût, son œuvre apporte une contribution importante à l’essor des  arts plastiques au Maroc.

L’artiste peintre Hamid Alaoui en compagnie de Mohamed Benaissa, secrétaire général de la Fondation du Forum culturel d'Assilah et ex ministre des Affaires étrangères

À l’heure où les questions relatives à notre existence humaine  sont des plus préoccupantes,  Hamid Alaoui   est catalogué parmi les artistes plasticiens  cosmopolites qui  se soucient également de cette réalité  problématique et agissent parfois avec leurs sensibilités créatives  pour nous aider à une prise de conscience des dégâts que nous ne cessons de faire subir à ce dont dépend fondamentalement notre existence. En effet, conjuguant efforts esthétiques et éthiques, cet artiste humaniste  est devenu aujourd’hui parmi les apôtres de la cause  existentialiste. Il est donc très important de contempler  ses œuvres les plus réputées  dont l’un des objectifs essentiels est de contribuer à sensibiliser les différents publics, non seulement à l’art,  mais aussi à la nature et à la vie commune.

Il est à rappeler  que Hamid Alaoui ( vit et travaille entre Barcelone et Tétouan )  est lauréat de  la filière des arts plastiques à l’institution Moulay Youssef entre 1986 et 1990.Il a bien assuré une  formation  solide en architecture d’intérieur  et  design  en France. Il a dans  son actif  plusieurs expositions  individuelles et collectives de par le monde.

Dr. Abdellah Cheikh (critique d’art)

 

Lyrisme d’une partition eurythmique

La fluidité des nuages terreux baignant dans un ciel crépusculaire, guettant l’œil du soleil pensif. La silhouette profilée de l’artiste admirant le paysage vespéral, déclinant vers cet abime azuré.
Telles sont les mots que m’inspirait une des photos que l’artiste m’a confiées. A travers cette image, il donne une idée de, sa quête, son travail, son inspiration, bref, de son monde pictural.
L’image peut être prise comme une des clés de l’énigme de l’œuvre de Hamid Alaoui. Par son contenu, cette œuvre « dépasse la forme pour la forme et remonte jusqu’à l’origine de toute forme ». Elle présente une lecture plurielle au niveau de l’espace plastique et de sa symbolique. Cet espace qui est là pour animer une infinité de signes, de gestes, de tâches et de coulures.
L’artiste répartit ses formes et garnit son espace suivant des lois de symétrie tout en s’abstenant de toute monotonie prosaïque. 


Les compositions architecturales vacillent vers un esprit d’ameublement. Ce sont certes, des traces de la formation en décoration d’intérieur et architecture. L’œuvre n’est pas immuable. Elle fuit le narcissisme et permet la communication par l’intégration profonde du moi, cachée sous la surface fragmentée. Les silhouettes/profiles, schématisées, épurées à l’extase, sont- elles signes de présence ? Présence d’un contemplatif ?
Une toile apostrophe sa voisine via des signes de continuité, de pérennité. Les formes gesticulent craintivement, se détachant délibérément, grimpant la matière blanche onctueuse, tantôt avec agressivité (tonalité forte de la couleur), tantôt en dégradé rendant l’espace blanc insonorisant.
Le bleu crée une profondeur bizarre comme une issue ouverte sur un gouffre abyssal ce qui accentue le caractère énigmatique de l’œuvre. Ce bleu profond déleste la lourdeur du marron terreux par le contraste glabre austère et de rugueux. La constance du marron pérenne cautionne le caractère séculier de l’œuvre. Les couleurs rudes, sépulcrales rendent la composition moyennant âpre et sourde. 
La symphonie mélodique réduit sa résonance. La poésie perd de ses rimes. L’acte projeté par l’artiste, son enjeu, se voit loin d’être approprié et saisi. La dualité du formel/informel, du symétrique /asymétrique, du géométrique raisonné et du libre spontané adhèrent à cet échappatoire rusé. Les coulures du fluide teinté dépassent les limites du geste effectué par l’artiste et débordent les cadres cernés. Le dépassement des éclaboussures de couleurs fait partie des « accidents » qui jaillissent au cours du travail et qui expriment parfois des parties latentes de la personnalité de l’artiste, qu’un clivage et une dissociation ont coupé du reste du monde.
C’est le défi de l’acte pictural, la transcendance de l’affectif sur le raisonné. Les différentes formes sont là, présentes comme des marches pour escalader vers l’infini, vers l’absolu. Formes géométriques, circonscrites, cernées cadrant la composition et la structure. Celle-ci rend l’espace plein où le vide, le désordre et le chaos sont totalement abolis. Le caractère mystérieux détache l’œuvre de l’artiste. Le tableau acquiert une vie autonome, devient une personnalité, un sujet indépendant, animé d’un souffle spirituel, le sujet vivant d’une existence réelle ; un être. L’œuvre n’est plus « un phénomène fortuit qui apparait indifféremment ici et là. » (Kandinsky).
La peinture de Hamid Alaoui est un art qui n’est pas une création fortuite. C’est un monde qui communique avec l’âme humaine. Son langage se déchiffre à travers une logique propre à l’artiste. Celui qui la regarde et la médite, établit des liens de conversation à travers le langage de l’âme. 
Le fond blanc est équivoque. Il tisse une trame magique du merveilleux, du mystérieux et une relation avec le cheminement logique que poursuivent les autres éléments de la composition. Le tableau est un étale pour les formes pluridimensionnelles qui gravissent vers une profondeur déshéritée de sa troisième dimension.

La couleur se partage la matérialité existentielle avec le tracé, le dessin. Ils sont essence et symbole à la fois. Ce partage immortalise l’eurythmie de l’œuvre. La surface reçoit, à cadence égalitariste le regard du spectateur. Ni forme ni couleur ne peuvent retenir notre regard. Celui-ci se perd entre les entraves de la composition.


Dans l’œuvre de Hamid Alaoui, il y a un contre point non seulement esthétique mais aussi ontologique entre des signes identifiables (flèche, graphe, clé, chaine…) et d’autres formes graphiques ; le contraste entre deux modes d’existence, d’une spiritualité aboutissant à un point fort appartenant à un « ordre caché de l’art », signifiant de ce monde intériorisé et de l’héritage tout particulier de la mémoire du créateur. Les équations mathématiques ne sont que des post-scriptum inénarrables pour préciser la rationalité de l’œuvre et restreindre son lyrisme. 
Nous sommes en présence d’une peinture créant des effets optiques importants, riches en vibrations, où l’œil est guidé sur des plans de valeurs et de couleurs. Une peinture mélodieuse où l’élément lyrique est omniprésent.
Je me demande si le tableau n’est-il pas une partition musicale non eurythmique ? N’est-il pas un document vieillot et antédiluvien ?

Mohamed Khassif

Critique d' art

En hommage à Pablo Picasso

Hamid Alaoui  expose  ses œuvres récentes à Malaga

L’artiste plasticien Hamid Alaoui  figure parmi les participants  sélectionnés dans le cadre de la sixième édition de l’exposition Internationale dédiée à la mémoire de l’artiste de renom Pablo Picasso ( 1883-1973) . Cette exposition, marquée par  la participation de plusieurs  artistes , toutes tendances et  nationalités confondues , se poursuivra jusqu’au 30   novembre à la Gallery Arte Adicar ( Malaga Ocio) .

Natif de Tétouan en 1968, Hamid Alaoui en tant qu’artiste chercheur  a pu façonner   un langage  pictural autonome et universel  via un traitement  thématique d’actualité   hors d’un échantillonnage arbitraire. Dans son œuvre originale «  trilogie de la passion »  (  Toulatiyat Al Ichk), il fait l'éloge de la passion  comme attitude  humaniste  fondé sur un vécu interculturel. Il célèbre à sa manière  la communication interactive dans l’esprit de partage, de dialogue et de complémentarité. Tel est le sens de l'intitulé du  tableau-manifeste, qui met en  toile le sens profond et illuminé  de la passion comme élément essentiel de la vie voire de l’existence effective. déséquilibrant cette dernière. L’artiste  perçoit  la passion, au sein de l'histoire humaine,  comme un moteur et une ligne fédératrice.

La peinture de  l’artiste Hamid Alaoui, où domine la tendance semi  abstraite, indices et symboles, repères identitaires, relève  d’une imagination créative, qui cherche à  revaloriser nos raisons d’être. Il  essaie  d’épurer ses formes dualistes  pour réconcilier les oppositions différentes  à l’image de «   le Yin et le Yang  » dans la philosophie chinoise (deux catégories complémentaires, que l'on peut retrouver dans tous les aspects de la vie et de l'univers. Cette notion de complémentarité est propre à la pensée orientale qui pense plus volontiers la dualité sous forme de complémentarité).

Auteur des œuvres  picturales  focalisées sur la passion  et la jouissance, Hamid Alaoui donne expression immédiate aux valeurs  émotionnelles. Il se préoccupe des états d’âme  associés  aux mémoires des lieux avec leurs dimensions poétiques (présence/ absence, être/néant).  Sur sa peinture allégorique, il nous a confié : « Généralement, je peins ce que je ressens par rapport à mon vécu quotidien. Ce sont des formes semi figuratives, qui interpellent mon imaginaire  et se réfèrent i à la mémoire puisque le souvenir pour moi comporte toujours une part d’actualité. Cela fait allusion  parfois à un style qui oscille  entre abstraction et figuration.  Mon œuvre actuelle est un hommage à l'humanité   comme symbole emblématique de la paix et de la coexistence.».

 


Touche fluide et colorée, effets de textures, jeu de matière, goût pour les  symboles  et les  paradigmes métaphoriques de la vie. Il s’agit presque  des fragments  pictographiques à travers des toiles allégoriques,  tout en utilisant la   peinture de façon de plus en plus synthétique. Les signes sont rythmés  de vie et de mouvement à l’image d’une scène chorégraphique ou d’un état de transe. Ils représentent sa muse et sa source d’inspiration. Ayant abandonné le paysage  réaliste  au bénéfice de la représentation de l'être symbolique , il place  la métaphore  au cœur de ses toiles marquées par les révélations , par la mise en scène de notre actualité  dans un cadre vivant , intime ou  convivial , ce qui lui vaut le surnom de « peintre de la jouissance ». Hamid Alaoui a pu assurer  à sa guise sa subsistance chromatique. Il  illustre l'idée que le commun des mortels se fait de la beauté en art. Ses  toiles abordent des sujets symboliques ayant trait à la vie quotidienne, ses états d’âme, ce qui dégagent une certaine plénitude et  consistance.

La peinture de Hamid Alaoui (vit entre Tétouan et Barcelone)  est vouée  aujourd'hui à  la quintessence de « l’interactionnalisme», à l'instar des  « peintres unanimistes  », en  réalisant des tableaux complaisants et captivants. Il  a toujours été fidèle à son itinéraire plastique  qui s’inscrit dans un processus  artistique continu (Filière des arts plastiques à l’institution Moulay Youssef entre 1986 et 1990, formation en architecture d’intérieur  et le design  en France, conception et  réalisation de plusieurs projets créatifs de par le monde.

C.A